Afrique Mag
 

MES IDEES

QUELLE SOLUTION POUR MADAGASCAR ?

Par Alain D. CAPO

Il est quand même surprenant, que dans beaucoup de pays africains, malgré des échecs retentissants de gouvernements successifs, ayant entrainé le sous-développement et surtout la pauvreté, l’on fasse toujours appel aux mêmes pour résoudre toujours les mêmes problèmes. Madagascar en est un exemple frappant, qui une nouvelle fois interpelle sur le manque d’imagination de la communauté internationale pour résoudre des situations qui engagent la vie de nations entières. En effet, la grande île souffre depuis près de cinq décennies, d’une gouvernance catastrophique, où plusieurs présidents successifs se sont distingués par une curieuse propension à confondre leurs affaires personnelles avec celles de l’état. Le dernier en date, Marc Ravalomanana, pris la main dans le sac, a du remettre le pouvoir à l’armée, qui elle-même l’a remis entre les mains du jeune et ambitieux Maire de Tananarive, Andry Rajoelina. Porté par une grande partie de la population, celui-ci après maints rebondissements s’est enfin vu nommer président de la transition. Premier constat, même si cette accession au pouvoir n’a pas suivie des voies très démocratiques, elle a au moins eu le mérite d’éviter une guerre civile dans laquelle les malgaches avaient tout à perdre. Porteur de beaucoup d’espoir, le nouveau chef de l’état a malheureusement très vite été mis en difficulté, à la fois par son prédécesseur, mais aussi les mouvances des anciens présidents Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy. Et comme il fallait s’y attendre, l’histoire en Afrique étant un éternel recommencement dans l’erreur, la communauté internationale a contraint les protagonistes à signer un accord de partage du pouvoir, qui en tout état de cause était inapplicable. En effet, comment associer dans un même projet de gestion d’un pays, deux présidents qui se sont caractérisés par leur mauvaise gouvernance, un autre que l’Assemblée nationale avait destitué et un quatrième particulièrement ambitieux et pressé de prendre les rênes du pouvoir. Un attelage qui en aucun cas ne pouvait tenir la route et amener Madagascar sur le chemin du renouveau et du développement économique. Aujourd’hui, la communauté internationale s’acharne à vouloir demander l’application des accords de Maputo, alors qu’elle sait pertinemment qu’ils sont inapplicables en l’état actuel des choses. Au lieu de calmer le jeu des anciens présidents et de leur rappeler leurs échecs, on préfère stigmatiser l’attitude de Andry Rajoelinaena en criant à la trahison. Ne serait-il pas mieux de demander à tous ses opposants, de prendre une paisible retraite, car à l’évidence, c’est de leur catastrophique gouvernance que découlent tous les problèmes d’aujourd’hui et surtout de l’impunité qui est la leur. Laisser le soin au nouveau chef de l’état, de préparer des élections crédibles à un terme relativement court, permettant aux populations malgaches de se déterminer librement, serait sans doute la meilleure solution plutôt que d’enchaîner les conférences avec le groupe international de contact et autres institutions ou organisations internationales. La grande île, est un pays pauvre, très pauvre même, qui a plus besoin de paix et de solutions économiques pour se développer que de querelles politiciennes. Alors, de grâce, laissons les hommes de bonne volonté et de progrès travailler au renouveau et arrêtons de chercher des solutions hybrides et sans avenir avec des hommes du passé.