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Editorial

2010 – UNE ANNEE ELECTORALE DE TOUS LES DANGERS

Recherche de l’alternance pour certains, indispensables pour le changement pour d’autres, les élections qui s’annoncent pour l’année 2010, ne sont pas exemptes de risques dans de nombreux pays africains et pourraient peut-être, marquer la fin d’une époque des pouvoirs indéboulonnables. Togo, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Madagascar, Ethiopie et Soudan, autant de foyers de tensions que les élections pourraient calmer ou aggraver tant la lutte pour le pouvoir y est vive et sans pitié. Pour le Togo, le premier à entrer en lice fin février, l’équation sera de savoir si Faure Gnassingbé, l’actuel président imposé par la force en 2005, pourra cette fois gagner démocratiquement une élection de tous les dangers. Sa tâche semble facilitée une nouvelle fois, par les divisions de l’opposition, même si le franco-togolais Kofi Yamgnane semble rassembler bon nombre de suffrages des togolais qui aspirent au changement. L’inconnue que constitue l’élection ivoirienne est en elle-même porteuse de danger, car depuis 2006, les ivoiriens, englués dans une guerre qui leur a rendu la vie impossible et a affaibli économiquement le pays, ne peuvent attendre plus longtemps un scrutin sans arrêt annoncé et toujours reporté. Peu importe qui l’emportera, les citoyens d’Eburnie ont besoin de se désigner librement et démocratiquement, un nouveau chef qui doit les conduire vers le renouveau de la Côte d’Ivoire. En Centrafrique, bien qu’annoncée en milieu d’année, la date de l’élection n’a pas encore été fixée avec précision, mais pourtant depuis la fin de l’année 2009, le microcosme politique se prépare fébrilement et les partis fourbissent leurs armes. Objectif, déboulonner François Bozizé, lui aussi empêtré dans les “affaires” et avec un bilan plutôt mitigé , le pays se débattant entre guerre au Nord et non développement en général. Le retour d’Ange Patassé, l’ancien président, représentant un nouvel élément de perturbation. En fait, on pourrait même assister à un report de cette élection, ce qui aurait pour effet, de compliquer encore un peu plus la situation économique catastrophique de ce pays. Pour Madagascar et la situation politique et économique qui y prévaut, il est bien évident que le plus tôt serait le mieux afin de relancer le processus de développement arrêté depuis bientôt dix huit mois à cause des errements de l’ancien président Ravalomanana et du nouveau et très ambitieux Rajoelina. Là encore, les Malgaches et la communauté internationale observent avec beaucoup d’attention ce qui va se passer entre, non seulement deux hommes qui se vouent une haine tenace, mais aussi trois autres vieux dinosaures de la politique de la grande île, qui sont venus atterrir dans la corbeille de la mariée, alors que visiblement il n’ont plus rien a y faire. Au Soudan, entre une tragédie au Darfour qui continue en sourdine et un mandat d’arrêt international jamais exécuté contre le président Bachir, choisir de reconduire ce dernier ou de s’en choisir un nouveau sera bien difficile, d’autant que le référendum d’autodétermination prévu en 2011 et qui devrait décider du sort du sud du pays, pourrait bien être le détonateur de nouvelles violences ethnico-religieuses. En Ethiopie, la question est de savoir, si la forte percée de l’opposition aux dernières élections locales qui ont ébranlé le régime et la forte répression qui a suivi, pourraient favoriser le changement à la tête de l’état en mai prochain à travers des législatives passionnées. Qui fera tomber le puissant premier ministre Zenawi ? Enfin, la situation au Niger, nous réserve peut-être quelques surprises et de nouvelles élections plus démocratiques et transparentes que celles de 2009 ? Tout comme en Guinée où des élections sont annoncées dans six mois, après la mise en place du nouveau gouvernement de transition.
Wait and see.

Alain D. Capo
Directeur de la rédaction